Communication animale : quelles différences avec les autres professionnels du monde animal ?
Communication animale et professionnels animaliers sont souvent confondus, sans que leurs rôles soient clairement distingués. Pourtant, leurs approches et leurs champs d’action diffèrent. Voici des repères pour mieux comprendre ces différences et savoir vers qui vous tourner selon la situation avec votre animal.
Depuis une dizaine d’années, la communication animale s’est largement développée. Distinguer la communication animale par rapport aux autres métiers du domaine animalier est donc important. Car comprendre les distinctions permet de mieux cerner le rôle de la communication animale et celui des autres professionnels du monde animal, afin que vous sachiez vers qui vous tourner en fonction des besoins de votre animal.
Les professionnels des animaux à distinguer de la communication animale
Il me semble important de clarifier quelles pratiques ne relèvent pas de la communication animale intuitive, même si certaines peuvent parfois être confondues ou utilisées en complément. Cette distinction permet de mieux identifier la solution la plus adaptée à la situation que vous rencontrez avec votre animal et de déterminer l’accompagnement dont vous avez réellement besoin.
Voici une liste des domaines qui ne correspondent pas à la communication animale intuitive :
- Ethologie,
- Comportementalisme,
- Dressage,
- Education,
- Rééducation,
- Médiation animale,
- Hippothérapie,
- Equitation éthologique,
- Chuchoter/murmurer aux oreilles des chevaux,
- Coaching en équitation,
- Educateur canin,
- Diagnostics et soins vétérinaires.
Votre vétérinaire avant tout
Même si, en communication animale, il est possible d’interroger le corps de l’animal pour recueillir ses ressentis, ce scan corporel reste un outil complémentaire, et non un moyen de diagnostic. Il est essentiel de le considérer comme un élément secondaire, venant s’ajouter aux autres approches. C’est ce que j’appelle la communication animale intégrée, une pratique qui s’inscrit en complément des différentes dimensions de la prise en charge des animaux, sans jamais s’y substituer.
Le vétérinaire est le premier professionnel à consulter dès que vous soupçonnez un problème physique chez votre animal ou que vous observez un changement dans son comportement. En effet, une modification comportementale peut être le signe d’un souci de santé sous-jacent, qu’il ne faut surtout pas négliger ni banaliser. Une visite vétérinaire précoce permet souvent d’éviter l’apparition de troubles chroniques ou l’aggravation d’une infection.
Murmurer à l’oreille des chevaux

Il y a une confusion fréquente entre la communication animale et le le fait de murmurer à l’oreille des chevaux, alors qu’il s’agit de pratiques totalement distinctes.
Cette expression, popularisée par le film L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux en 1995 avec Robert Redford, trouve son origine aux États-Unis dans les années 1970-80, avec le travail de figures emblématiques comme Monty Roberts, Pat Parelli et Buck Brannaman. Leurs approches différent mais reposent toutes sur l’équitation éthologique. Une méthode d’éducation, de dressage et de rééducation des chevaux qui s’appuie sur leurs comportements et capacités naturels. Contrairement à la communication animale, qui se fait à distance par un échange énergétique, ces méthodes impliquent une interaction physique et directe avec le cheval.
Aujourd’hui, en France, Andy Booth est une référence dans ce domaine. Son cursus Horseman Science allie pédagogie et science éthologique. Et je ne peux que vous recommander de le suivre ou de vous former avec lui, si vous souhaitez mieux comprendre et travailler avec votre cheval. Jean-François Pignon, quant à lui, développe une approche basée sur le langage naturel des chevaux, et partage également son savoir-faire avec passion.
Ces approches, bien que précieuses pour le bien-être des chevaux, n’ont, cependant, aucun lien avec la communication animale intuitive.
Comportementalisme et communication animale : deux approches différentes

Ici aussi la différence est importante. Un comportementaliste et une communicante animalière n’utilisent pas les mêmes moyens pour comprendre les animaux :
- Le communicant animalier écoute.
- Le comportementaliste observe.
Le comportementalisme repose sur l’analyse du comportement observable de l’animal : ses actions, réactions, postures, attitudes et expressions émotionnelles. Les informations sont extraites de ces observations et le comportementaliste propose des ajustements concrets dans l’interaction entre l’animal et son propriétaire. L’objectif est de modifier l’expérience de l’animal dans une situation donnée afin, progressivement, de transformer son comportement et ses réactions.
À l’inverse, la communication animale ne s’appuie pas sur l’observation externe, mais sur une connexion intuitive qui permet de connaître les ressentis profonds de l’animal. Sans besoin d’interagir physiquement, elle vise à comprendre l’origine d’un comportement précisément pour cet animal :
- Une peur ? Un manque ? Une envie ? Un trait de caractère ? Une faille émotionnelle ?
- Quelle est précisément cette peur ? Quelle en est la motivation ?
- Pourquoi ce comportement est-il sa solution actuelle ?
Autrement dit, la communication animale ne décrypte pas ce que fait l’animal, elle décrypte sa personnalité.
Par exemple, face à un chien agressif envers ses congénères, un comportementaliste identifiera la cause générale du comportement, comme la peur. Bien sûr, d’autres raisons peuvent entrer en jeu que le comportementaliste pourra également diagnostiquer. Mais ici, prenons l’exemple des peurs pour illustrer la complémentarité des approches.
Une communicante animalière pourra, en revanche, préciser la nature exacte de cette peur : peur d’être importuné, d’être surpris par une attaque, de perdre le contrôle, d’avoir mal en cas de morsure, ou encore une peur liée à une expérience passée.
Vous l’aurez sans doute mieux compris à présent : bien que ces deux approches soient différentes, elles se complètent en visant un même objectif : rétablir l’équilibre et le bien-être de l’animal.
Peut-on agir sur le comportement par la communication animale ?
Oui, surtout si on considère le comportement comme le symptôme d’un vécu intérieur de l’animal.
Bien que je ne sois pas comportementaliste, je me suis spécialisée dans l’accompagnement des comportements gênants grâce à la communication animale. L’objectif des séances n’est pas d’analyser les comportements pour en déduire une méthode de changement, mais plutôt de comprendre ce que vit l’animal dans une situation donnée :
- Quelle émotion traverse-t-il ?
- Quelle peur précise est en jeu ?
- Quel besoin cherche-t-il à combler ?
Cette compréhension vous permet de mieux répondre à ses attentes et de lui apporter la solution qui l’aidera à évoluer plus facilement. Et elle peut vous aider à améliorer votre relation au quotidien en renforçant votre complicité. Dans le cadre du travail en équitation, les informations obtenues sur votre cheval permettent d’adapter votre approche et de mieux répondre à ses attentes, tant sur le plan émotionnel que physique.
Par exemple, on ne peut pas empêcher un cheval de tiquer à l’appui simplement en constatant qu’il est stressé. L’enjeu est d’identifier l’origine profonde de son stress, son empreinte émotionnelle, afin que ce comportement devienne progressivement inutile pour lui.
Autre exemple : Un chien malinois devient craintif pour des raisons multifactorielles que la connexion animale pourra identifier. Une séance sera également intéressante pour un chat qui devient anxieux sans raison apparente.
Je prends contact pour plus d’informationsCe qu’il faut retenir

La communication animale ne remplace aucun professionnel animalier, mais s’inscrit comme un outil transversal et complémentaire. Elle permet d’accéder aux ressentis profonds de l’animal, vous offrant ainsi une meilleure compréhension. Toutefois, elle ne se substitue ni à un vétérinaire, ni à un comportementaliste, ni à un éducateur. Chaque professionnel a son rôle à jouer dans le bien-être de votre compagnon. L’essentiel est de déterminer vers qui se tourner selon la situation, pour vous apporter l’accompagnement le plus juste et équilibré possible.
Article du 1er mars 2024


